Au Pays des Collines…

Imaginez-vous en promenade sur un sentier de l’étrange, tombant nez à nez avec un lutin, une sorcière ou un loup-garou ! Quelques foulées plus loin, au détour d’un parcours de bosquets et de bocages, vous découvrez, après une halte à la ferme, un château construit sur pilotis au bord de l’eau… Bienvenue au Pays des Collines, un monde surprenant, enchanteur, où vous pourrez apprécier la simplicité des gens et la beauté des paysages… par Nathalie Kuborn

Situé au nord du Hainaut, en bordure de la région flamande, le Pays des Collines regroupe les communes de Flobecq, Ellezelles, Frasnes-lez-Anvaing, Mont-de-l’Enclus, ainsi que trois villages d’Ath : Ostiches, Houtaing et Mainvault. C’est durant les années 70 que l’idée germe dans l’imagination de précurseurs visionnaires – Théo Mercenier, Jacques Vandewattyne et l’abbé Delcourt – d’en créer un parc naturel. Suivis par certains décideurs politiques et bon nombre de citoyens, le Parc naturel du Pays des Collines est officiellement reconnu le 13 mai 1997. Sélectionnés pour l’homogénéité leurs caractéristiques géomorphologiques, les communes et villages qui composent l’ensemble disposent dès lors de tous les moyens pour préserver leur patrimoine paysager, artistique et monumental. Et l’âme du Pays des Collines, riche d’histoire, de nature, de folklore et d’artisanat, possède incontestablement tout le dynamisme et l’art de se réinventer.

Le parcours de la route des Collines, un tracé destiné à faire découvrir aux visiteurs toutes les merveilles de la région, est jalonné de bien des surprises !  Côté nature, le pays se partage entre les champs et prairies, voués aux activités agricoles toujours répandues ici, et les massifs boisés de hêtraies et de chênaies-hêtraies, qui couvrent les parties les plus élevées de la région. Les cours d’eau sont bordés de rangées d’arbres et de haies, principalement composées de peupliers, d’aulnes et de saules. Caractéristiques des lieux, on retrouve de nombreux saules têtards présentant un intérêt écologique et paysager très important. Une vaste opération d’information sur le plantage, l’élagage et le maintien des saules a d’ailleurs été lancée en 2008 pour sensibiliser les habitants du Pays des Collines à cette dimension indispensable de la restauration du maillage environnemental de la région. Grâce aux variations d’altitude du paysage, le Pays des Collines est doté d’une flore originale et diversifiée. On rencontrera ainsi : aulnes, frênes, saules, prêles, chênes, lamiers, hêtres, jacinthes, fougères aigle, myrtilles… des massifs forestiers bien aérés sont constitués de châtaigniers, hêtres et pins sylvestres, et dans les sous-bois, on découvrira, entre autres : bouleaux, sorbiers, merisiers, noisetiers, aubépines, tandis que myrtilles, bruyères et fougères tapissent le sol. De jolies fleurs ornent les versants et les bords des fossés : certaines espèces de violettes, l’ail des ours, la primevère, le géranium, la verveine officinale ou l’anémone Sylvie. Enfin, des plantes rares sont présentes sur le territoire, comme le géranium noir, l’orchis tacheté, la listérie ou la lathrée clandestine, pour ne citer qu’elles.

Côté faune, c’est l’avifaune qui est probablement la catégorie animale la plus diversifiée du Pays des Collines. Buses, la faucon hobereau, l’épervier d’Europe, la chouette hulotte, la chouette effraie, le hibou moyen duc ou d’autres espèces encore animent les nuits de leurs cris. Des oiseaux rares comme certaines espèces de pics, de bruants, de mésanges ou de pouillot sont signalés. Parmi les amphibiens, grenouilles, crapauds et tritons se partagent la place avec l’orvet fragile, qui se raréfie. Enfin, dans la famille des mammifères, on trouve des chevreuils, des renards, ou des carnivores tels que : hermines, putois, belettes. A noter, la présence de chauves-souris dans les combles et les sous toitures, toutes sans danger et intégralement protégées.
 
Les sorcières d’Ellezelles
« Village élu du folklore », la renommée d’Ellezelles doit énormément à l’imagination d’un seul homme, Jacques Vandewattyne, dit « Watkyne ». Artiste peintre, sculpteur et écrivain, il fut l’un des trois instigateurs précités à l’origine de la création du Parc Naturel des Collines. Né à Ellezelles en 1932, il a imaginé et créé bon nombre de manifestations folkloriques du Pays des Collines. C’est lui qui, inspiré par les témoignages qu’il rassemble dès 1970, suite au déliage des langues du coin autour d’une butte intrigante à l’Aulnoit, sera à l’origine du célèbre « Sabbat des Sorcières ». Et pour cause : il apprend de source historique qu’en 1610, cinq femmes furent exécutées à Ellezelles par la corde et le feu, après avoir été condamnées pour crime de sorcellerie.  C’est le point de départ pour son inspiration prodigieuse grâce à laquelle il va créer tout un univers étrange de rites et de légendes. De la sorcière Quintine aux terribles chorchiles,  des joyeux lutins au diable en personne… il n’aura cesse de redonner vie à ces personnages fabuleux, à travers ses écrits, ou en créant le « Sentier de l’étrange », un parcours jalonné de représentation de tous ces êtres légendaires et le « Jardin des pierres » où, parmi une brousse épaisse, sont exposées des sculptures originales, réalisées à partir de pierres ramenées des quatre coins de la planète, et évoquant encore le folklore local. Enfin, le Sabbat des sorcières est, chaque année, le dernier samedi de juin, à la lueur d’un clair de lune, l’événement majeur de l’été. Au cours de cette cérémonie, les villageois redonnent vie aux rites sorciers tout au long des différentes animations – dont l’intronisation des nouveaux Chevaliers de l’Ordre du Ramon, qui récompense les habitants ayant œuvré à la mise en valeur de la région, une fanfare diabolique et la ronde maléfique des sorcières.
 
Petite anecdote non dénuée de charme, c’est encore le même Watkyne qui décréta que le plus célèbre des détectives belges, Hercule Poirot, est en réalité un enfant d’Ellezelles, né en 1850 d’un père wallon et d’une mère flamande !
 
Des lieux historiques et insolites ou gourmands
 
Les premières traces du remarquable château d’Anvaing datent du temps de la première croisade. Reconstruite en 1561 et transformée en 1800, cette ravissante demeure, bâtie sur des pilotis en bordure d’anciennes douves converties en lac, appartient à la famille de Lannoy. Une légende entoure la château de son mystère : celle de la Dame Blanche. A l’époque des croisades, meurtri par la mort de son épouse, le seigneur d’Anvaing décida de partir pour la Terre Sainte. Aidé de son intendant, il cacha ses richesses dans les douves du château. Quelle erreur ! Par cupidité, l’intendant le laissa ensuite mourir lors du périple pour s’approprier du trésor. Mais le lendemain de son retour, on retrouva son corps sans vie sur une barque flottant sur les douves. On raconte depuis lors que le fantôme de la Dame apparaît pour protéger le trésor des lieux. Et pour la grande histoire, c’est dans la salle à manger du château que furent remises au général Desrousseaux, sous-chef d’Etat-Major, les conditions de capitulation de l’armée belge, en 1940.
 
Deux autres châteaux de la région méritent le détour : celui de Moustier et la Berlière, aujourd’hui reconverti en pensionnat. Une visite à Moustier sera l’occasion de pénétrer dans la Belgique mystérieuse. En effet, deux cryptogrammes figurant dans l’église paroissiale, disposés sur des « tables de la loi » sur la face des autels latéraux de la Vierge et de Saint-Martin, pourraient se rapporter à un trésor caché au XIXe siècle.
 
A eau, à vent ou en tour de briques, les moulins de la région datent principalement du courant du XIXe siècle. Caractéristique du pays et classé monument en 1960, le moulin à vent du Cat Sauvage fut entièrement construit en bois en 1750 pour la comtesse de Rohan Soubise qui possédait une collection 99 moulins identiques et un centième, une miniature en or, qui ornait sa cheminée. Les moulins à eau ont quant à eux mal résisté aux aléas du temps. Mais tous peuvent être aperçus le long de la route des collines…. Promenade au cours de laquelle de nombreuses petites pauses gastronomiques sont proposées, notamment dans l’une des trois fermes pédagogiques de la région : la ferme de Cambrouchaux,  la ferme Dorlou et la ferme du Harby, dont les magasins bio présentent les spécialités du terroir. Enfin, d’autres adresses retiennent ici tout notre intérêt : la Maison du Pays des Collines, où un impressionnant parcours spectacle vous fera découvrir la région et ses merveilles de manière ludique et didactique, la Maison des plantes médicinales et l’Asinerie du Pays des Collines, l’un des plus importants lieux de production de lait d’ânesse en Europe.
 

 

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