Jazz Middelheim 2010 : l’histoire du jazz dans tous ses états

Difficile de déterminer quels seront les temps forts de cette nouvelle édition, tant l’affiche fait tourner la tête et combine les genres… Déjà inscrits dans l’histoire du jazz, de grands noms comme McCoy Tyner, Wayne Shorter,  Archie Shepp, avoisinent avec Cassandra Wilson (qui marque son grand retour sur la scène belge) et nos plus grosses pointures nationales : Toots Thielemans et Chris Joris. Pour ne citer qu’eux ! Nathalie Kuborn

L’ouverture du festival sera marquée par un esprit coltranien omniprésent. En marge de la participation de Shepp et de Tyner, connus pour avoir fait leurs classes aux côtés du légendaire saxophoniste, on saluera l’audace du chanteur américain José James qui, accompagné par le pianiste Jef Neve, revisite l’univers de Coltrane d’une façon pour le moins personnelle et novatrice, quelque part entre jazz et soul, avec son dernier projet : « Facing East ». L’Archie Shepp Quartet se renforce de quelques solides pointures, comme l’avant-gardiste Roswell Rudd, compagnon de la première heure et Leon Parker, l’un des batteurs les plus imaginatifs et intrigants de sa génération. Véritable légende vivante du jazz, McCoy Tyner nous livre, en compagnie d’un des plus grands saxophonistes actuels, Joe Lovano, un jazz d’une facture des années 60 : du swing à l’état pur !

La jubilation se poursuit le lendemain, par la présence de deux autres figures majeures du genre : le saxophoniste Wayne Shorter, qui a contribué aux meilleures formations des sixties – dont celle d’Art Blakey &The Jazz Messengers – et poursuit son exploration toujours plus « free », précédé par Ahmad Jamal, parfois surnommé « le prophète ». Un pianiste au style personnel flamboyant, parfois à la limite du kitsch, mais ne faisant l’économie d’aucune prise de risque ni de pirouettes légères. Le Jeroen Van Herzeele Quartet, lui aussi résolument issu d’un univers coltranien, nous livre une musique intuitive et organique, également dans la lignée d’un Ornette Coleman ou d’un Steve Lacy.

Parrain du festival, Toots Thielemans continue, à 88 ans, d’irradier littéralement la scène. Il se produira pour l’occasion avec Hein Van de Geyn, Karel Boehlee et Hans Van Oosterhout dans un répertoire toujours inconnu à cette heure. A l’affiche le même soir, Aka Moon + Baba Sissoko & Black Experience et le World Saxophone Quartet +M’Boom, toujours à la recherche des compositions les plus aventureuses.

Chris Joris Experience ouvrira la dernière soirée, suivi du projet flamenco-jazz de Dave Holland et Pepe Habichuela, qui transcendent les genres toute en finesse, et de Chucho Valdés – le « Duke Ellington cubain » – & the Afro Cuban Messenger. En guise de clôture, l’unique figure féminine du festival, mais non des moindres : la divine Cassandra Wilson viendra interpréter les perles de ses derniers albums, « Loverly » et « Closer to you : the pop side ». Ce dernier propose une magnifique compilation de tubes – dont  « Fragile » de Sting ou « Harvest Moon» de Neil Young – revisités de façon originale et personnelle. Elle y injecte de sa poignante voix de contralto une belle alchimie des styles, tantôt groovy, tantôt bluesy, ou teintés d’afro-vibes, maîtrisés à la perfection et habités par une profonde émotion…

Programme complet & réservations :

http://www.jazzmiddelheim.be

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