La fabuleuse épopée Missoni

En cinquante ans, un couple d’artisans italiens propulse son petit atelier de confection à Trieste sur les devants de la scène couture internationale. Succès jamais démenti pour Rosita & Ottavio, dit « Tai » Missoni, qui, par leurs innovations techniques raffinées et leur approche originale des motifs abstraits multicolores, ont imprimé une griffe unique, à la frontière de la mode et du pur design. En confiant les clés de la maison à leur fille Angela, la marque passe le cap du XXIè siècle entre glamour, folklore et sexy attitude. Dans la droite lignée du cachet familial.

Juin 1948, stade de Wembley. Rosita Jelmini, jeune fille de deux générations de confectionneurs italiens, assiste avec quelques amis du lycée à la victoire d’Ottavio Missoni, qui remporte le 400 mètres obstacles et obtient pour son équipe une place en finale. Rosita est subjuguée : c’est le coup de foudre ! Elle a dix-sept ans, il en a vingt-sept. A Trieste, il dirige un petit atelier où il confectionne des vêtements pour l’équipe italienne de course à pied. Elle achève ses études et fait ses premiers pas dans l’entreprise familiale. Cinq ans plus tard, le couple de jeunes mariés s’installe à Gallarate, et, poursuivant l’aventure commencée par Ottavio à Trieste, ouvre un petit atelier de confection aux pieds d’un immeuble. Encore cinq ans et trois enfants plus tard, les Missoni présentent une première collection à La Rinascente de Milan sous le label Milano-Simpathy. Le modèle-phare de la collection : la robe tube aux lignes simples, quasi minimalistes, et légèrement détachée du corps. Engouement de la presse et du public, toutes les femmes se l’arrachent. La griffe « Missoni » est née et ses créations apparaissent dans les magazines de mode. Mais c’est en 1966 que le succès explose réellement. Leur première collection éponyme, présenté à la presse, est applaudie avec enthousiasme. Anna Piaggi, Editrice Mode d’Arianna, magazine culte en Italie, les soutiens. L’année suivante, les Missoni créent un mini scandale au défilé du Palazzo Pitti de Florence, ce qui leur vaut par la même occasion leur première couverture d’Arianna : juste avant de lancer le défilé, Rosita réalise que la couleur des sous-vêtements allait ruiner les modèles. Elle envoie les mannequins sur scène sous leurs robes en jersey sans savoir que le haut de celles-ci serait rendus transparent par les projecteurs,… et attire les foudres des directeurs. Un titre dans la presse : « Soirée sexy au Florence Fashion Show ». Les années suivantes, c’est l’ascension : Paris, New-York….

Les seventies, années d’or

En 1970 Marvin Traub alors président de Bloomingdale, ouvre la première boutique Missoni aux USA. En avril, Tai et Rosita présentent à Florence une collection qui propose une nouvelle interprétation graphique du vêtement. Coupe structurée pour les robes viscoses ultra légères et maille innovante dans les tricots ultra raffinés. De joyeux « mix-and-match » de rayures, des mosaïques aux couleurs étonnantes, des patchworks raffinés. Le folklore chic est né. Marie Claire, Elle, Vogue, Corriere della Sera, New-York Times,… la presse encense les créations du couple considéré comme de véritables artistes. Et célèbre leur imagination, leur inventivité et leur simplicité.

La nouvelle génération

Missoni a réussi à traverser avec succès les modes et les tendances des quatre dernières décennies en imposant naturellement une griffe unique sur la planète couture. Si leur fille Angela ne se tourne pas directement vers l’entreprise familiale – elle sera d’abord propriétaire d’un magasin de jouets ou éleveuse de poulets organiques – elle finit par reprendre le flambeau de la création progressivement dès 1996. Intuitive et hyper talentueuse, elle parvient à porter la maison vers le futur en réinterprétant ses modèles phares, dans une vision sexy et sport, et en privilégiant l’harmonie des couleurs. La marque adopte une image résolument provocatrice grâce aux talents de Mario Sorrenti, Kate Moss ou Gisèle Bundchen.

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