Watsu, l’eau libératrice

Replonger dans ses émotions enfouies, se recentrer autour de la respiration, se laisser bercer en apesanteur dans une eau apaisante, à température idéale, et effectuer une série d’étirements tout en profitant d’un encadrement créatif… Initié en 1980 par Harold Dull dans les sources chaudes de Californie, le Watsu allait très vite rencontrer un accueil enthousiaste à travers le monde. Certaines personnes affirment même que cette expérience bienfaisante est l’une des plus intenses de leur vie. par Nathalie Kuborn

 Etymologiquement, le terme ”Watsu” provient de la contraction des mots ”Water” et ”Shiatsu” (une discipline traditionnelle d’origine japonaise qui se fonde sur l’acupresssion et les étirements). Du Shiatsu, le Watsu emprunte certaines techniques. Il se pratique à deux (le thérapeute et son patient) dans une eau chauffée à plus de 36°. Tout comme le Shiatsu auquel il s’apparente, le Watsu permet de rééquilibrer les méridiens du corps et d’ouvrir les chakras*. C’est dans son intégralité que le système énergétique est ainsi mis en harmonie avec celui de l’univers.

 

L’importance de l’anamnèse

Pour favoriser la quiétude, l’environnement doit être idéalement calme et l’ambiance, relaxante. Une séance de Watsu commence souvent par une anamnèse : le patient relate ses antécédents médicaux et les éventuels soucis physiques ou psychologiques dont il souffre. Le travail s’articule ensuite autour de besoins et de aspirations. Là réside l’importance de l’anamnèse : par ce premier contact, le thérapeute sera informé des points qui nécessitent une attention particulière. La confiance mutuelle est essentielle. Si pendant toute la séance, le patient ferme les yeux, ce n’est évidemment pas par hasard : en se coupant du regard de l’autre, il accepte de se laisser prendre complètement en charge. Car plus sa disponibilité sera grande, plus le Watsu sera bénéfique.

Un lâcher prise total

Une fois dans la piscine commence une série de bercements à la surface de l’eau. S’en suivent des mouvements tout en douceur. Ils sont entrecoupés d’étirements et d’acupressions, avec des séquences d’ouverture-fermeture (de type accordéon). Les muscles et les tissus ligamentaires se détendent, les courbatures sont soulagées. Le corps et l’esprit accèdent progressivement à la sérénité, jusqu’au lâcher prise qui peut être total.

 

Rencontre avec Claire Sartiaux, hydrothérapeute

Depuis plus de dix ans, Claire Sartiaux soigne le corps et l’esprit de ses patients dans un environnement qu’elle affectionne particulièrement : l’eau. Ses qualités humaines, sa riche expérience et un parcours en formation continue font d’elle une personnalité incontournable en la matière. Elle nous raconte son aventure :

« L’eau est un milieu naturel que nous avons trop souvent tendance à oublier, entraînés par le rythme effréné de notre monde moderne. Pourtant, cet élément nous accompagne seconde après seconde : plus de ¾ de la masse corporelle n’est faite que d’eau. C’est elle qui nous donne consistance et c’est encore elle qui permet à notre métabolisme de fonctionner. Autant l’air nous permet de vivre, autant l’eau nous permet d’être et d’exister. Grâce à elle, nous pouvons occuper une place dans l’espace et nous projeter dans le temps. Pendant 9 mois, nous avons flotté dans une eau protectrice et nourricière. Une eau dans laquelle nous avons appris à nous construire, à découvrir nos émotions et à développer notre conscience. C’est dans le cadre d’un travail à l’Université d’Honolulu, Hawaii (sous la direction du scientifique Louis Herman, spécialiste des dauphins et mondialement connu), que j’ai eu la chance d’établir un contact privilégié avec les dauphins. Ce sont eux qui m’ont appris combien le milieu aquatique était propice aux échanges d’énergies. Et j’ai compris, pour cette raison, combien l’eau est l’environnement favorable à tout travail sur les émotions. La réputation symbolique qu’elle traîne depuis des siècles dans nos mythes ou depuis des dizaines d’années dans l’interprétation que les psychologues donnent à nos rêves n’est donc pas usurpée. J’ai donc entrepris une formation en Watsu ou « Water Shiatsu », auprès d’ Arjana C. Brunschwiler (Bousval, co-fondatrice du Wata avec l’allemand Peter Schröter). Cette technique est une méthode de soin et de décontraction par l’eau. Un travail qui intègre et harmonise différentes approches comme le massage, le shiatsu, les étirements musculaires, la mobilisation des articulations, la danse et le contrôle de la respiration. Les séances que je donne sont toujours adaptées aux attentes et aux besoins de chacun. Dans tous les cas, il s’agit de la recherche d’un état de grâce auquel on peut véritablement accéder en découvrant ses forces enfouies. C’est avant tout un voyage à la découverte de soi-même… 

Pourquoi les séances se passent-elles dans une eau à plus de 36 °C ?

Utiliser une eau aussi chaude vise différents objectifs. Le plus évident est d’éviter toute déperdition calorifique, toute perte de confort et dès lors toute perte d’énergie pendant le travail dans l’eau. Ensuite, grâce à l’apesanteur aquatique, tout sentiment de frontière entre notre corps et l’environnement extérieur se dissous. Enfin, il y a peut-être aussi le souhait inconscient de faire revivre le souvenir enfoui de notre vie intra-utérine.

D’où vient cette impression de parfaite symbiose avec le milieu aquatique ?

Notre corps est composé de près de deux tiers d’eau. Par nature, nos cellules fonctionnent en échangeant constamment des composants métaboliques avec le milieu extérieur ; lequel peut être constitué d’autres cellules, de l’air pour les cellules cutanées lorsque l’on prend un bain de soleil, ou de l’eau lors d’une baignade. Ce sont les parois des cellules qui régulent ces échanges. Leur perméabilité sélective permet à l’eau de la cellule et à l’eau de la piscine à s’équilibrer l’une et l’autre, ce qui provoque un sentiment de symbiose.

Comparé à un massage traditionnel, quels sont les autres apports du Watsu au niveau physique ?

Le toucher est le seul des 5 sens à couvrir la totalité de notre corps. Nous pouvons sentir l’eau, sa chaleur, sa fluidité sur nos 15.000 cm2 d’enveloppe cutanée. Une autre caractéristique de la peau est son étroite interaction avec le cerveau qui est vraiment le centre d’interprétation de nos sensations et le lieu d’expression consciente et inconsciente de nos émotions. Par la peau, si on se donne le temps et si on le désire vraiment, on peut développer un accès direct sur notre monde intérieur. Un peu comme si les fenêtres de notre maison occupaient toute la surface de ses murs. Depuis toujours, ce potentiel de la peau a été démontré par l’efficacité des massages. La grande nuance, c’est que le masseur, à chaque geste, ne touche qu’une partie infime de la surface cutanée, tandis que l’eau la recouvre dans son intégralité à chaque instant.

 

Claire Sartiaux, ”L’eau qui libère”

http://www.leauquilibere.com

0477 233 530

 

 

(*) Les chakras du yoga désignent chacun de nos centres énergétiques invisibles.

 

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